CO N°1375 (18 juillet 2026) – France – Deux fois condamnée, Marine Le Pen sera aux présidentielles

Le 7 juillet, suite à la plainte du Parlement européen pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen a été condamnée en appel pour détournement de fonds publics. C’est la deuxième condamnation en un an pour le même motif. Mais son pourvoi en cassation lui permet de présenter sa candidature aux élections présidentielles en avril 2027.

Curieusement, la peine prévue pour inéligibilité a été raccourcie à 15 mois, et est donc considérée comme accomplie depuis la décision de 2025.

Le Pen va donc pouvoir faire campagne librement, et ne manquera certainement pas de donner des leçons de morale concernant les candidats des autres partis. Il est vrai que les grands partis bourgeois ont un palmarès bien chargé en matière de détournement et de corruption.

Le pari de Marine Le Pen est le suivant : si elle est élue, elle ne pourra pas effectuer la moindre peine pendant son mandat, même si la Cour de Cassation confirmait la condamnation. C’est ainsi que Chirac avait été réélu en 2002 alors qu’il était condamné pour des détournements lorsqu’il était maire de Paris.

Parmi tous les donneurs de leçons, nous avons « notre » député européen Rody Tolassy, qui récemment se réjouissait de la condamnation de Chalus. Bizarrement, on n’a pas entendu sa réaction concernant la condamnation de sa cheffe de file et sa candidature. Nul doute qu’il va la soutenir bec et ongles, en espérant peut-être en cas de succès bénéficier d’un petit strapontin.

Cela devrait sans doute faire réfléchir ceux qui, parmi la population pauvre des Antilles, disent « nou pé bay on chans » et « on ne l’a pas encore essayée ». Marine Le Pen, qui emploie un langage populiste, est une avocate millionnaire dont le parti va comme les autres précédemment au pouvoir, défendre les intérêts des riches. « Défendre la France » signifie défendre la bourgeoisie française. Le RN est un parti anti-ouvrier qui va s’en prendre aux acquis des travailleurs, en jouant sur la division entre « Français de France » et immigrés, les Antillais étant considérés comme ces derniers, qu’ils le veuillent ou non.

Les grands partis bourgeois tels Les Républicains, les macronistes et autres partis de droite, reprennent en grande partie le programme raciste du RN. Mais la « gauche traditionnelle » ne vaut guère mieux.

En réalité, ce n’est pas en votant pour un « bon » candidat que les travailleurs vont pouvoir empêcher la bourgeoisie de continuer à les attaquer. La seule issue, c’est que la classe ouvrière et les classes pauvres prennent conscience de leur force, s’organisent et se mobilisent pour renverser ce système pourri.