CO N°1380 (7 novembre 2026) – Éditorial – Pour l’extension des mobilisations !

Des centaines de milliers de jeunes, lycéens, étudiants, Gilets jaunes, salariés et membres des classes laborieuses en colère défilent chaque samedi en France. Commencée le 17 octobre, la mobilisation ne faiblit pas.

Ce sont les jeunes des lycées de banlieue qui ont commencé puis ont été rejoints par tous les lycées y compris en Martinique et en Guadeloupe. Puis d’autres catégories sociales se sont jointes aux immenses manifestations de rue, en France.

La flambée du prix des carburants a motivé la colère de bien des manifestants. Mais cette colère dépasse le problème du prix à la pompe. Elle exprime le ras-le-bol général, l’exaspération devant les dépenses qui augmentent tandis que les salaires stagnent et que les fins de mois sont difficiles.

En Guadeloupe et en Martinique, la colère contre la vie chère s’exprime aussi. En Guadeloupe, le collectif Nou Las Palé (NLP) (nous sommes fatigués de parler) a organisé des blocages dès le 14 octobre. Il rassemble des personnes aux intérêts différents, dont des chefs d’entreprise, des agriculteurs, des petits commerçants, des travailleurs et des militants. Si la vie chère frappe toute la population, ce collectif ne constitue pas pour autant un mouvement de travailleurs : les intérêts des patrons et des salariés ne sont pas les mêmes.

En Martinique, le RPPRAC (rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro caribéennes) a bloqué le Carrefour du quartier de Dillon, hypermarché appartenant à la riche famille béké Hayot. Face à leurs revendications, la seule de réponse de l’État français est de protéger les intérêts des plus gros, en gazant les manifestants venus exiger que les prix exorbitants baissent.

Camarades travailleurs, nous avons tout intérêt à entrer dans les luttes contre la vie chère. Pour les travailleurs, la seule ma- nière durable de ne pas s’appauvrir est d’obtenir des augmentations de salaire à la hauteur de la hausse des prix.

Dans les mobilisations, des jeunes des quartiers populaires manifestent souvent leur colère en brûlant, cas-sant ou en pillant des magasins. À Sainte-Thérèse, à Fort-de-France, à Pointe-à-Pitre, comme dans l’Hexagone, ces jeunes dits « émeutiers » sont confrontés à une violence sociale quotidienne qui se traduit par étudier dans des établissements dégradés, ou encore voir ses parents évoluer dans la précarité et le chômage. Ce sont les enfants des travailleurs qui se révoltent. Ceux dont les parents ont eux-mêmes du mal à payer les factures, les produits alimentaires et à finir les fins de mois. Les incendies, les pillages et les dégradations ne sont pas une issue, mais ils ne tombent pas du ciel : ils sont le produit d’une société capitaliste fondée sur les inégalités, où une minorité de grands patrons s’enrichit tandis que la majorité s’appauvrit.

Pour faire reculer les riches patrons et le gouvernement à son service, les travailleurs doivent entrer dans la lutte en tant que travailleurs, dans les entreprises. Il faut im-poser une hausse des salaires et revenus à la hauteur de l’augmentation des prix. Aujourd’hui, 2 200 € net par mois devraient constituer un minimum pour vivre dignement.

La mobilisation du 5 novembre en Martinique, à l’appel des syndicats, a montré une voie : celle de la mobilisation des travailleurs autour de leurs propres revendications. En Guadeloupe, la manifestation appelée par plusieurs syndicats et organisations politiques le 14 novembre doit montrer la force des travailleurs, autour des revendications de hausses de salaires, de lutte contre la vie chère, mais aussi de l’accès à l’eau et des services publics de qualité.

Nous avons tout à gagner à nous mobiliser nombreux, dans les entreprises et dans la rue. C’est ainsi que la colère pourra devenir une force collective de plus en plus consciente et capable de faire reculer les responsables de la vie chère, ces capitalistes qui dominent.