Le 28 octobre, le cyclone Melissa, un des plus puissants et destructeurs qu’ait connu la Caraïbe, a ravagé la Jamaïque. Un peu plus d’un mois après, la population vit toujours un enfer.
Une épidémie de leptospirose a déjà fait plusieurs morts. Elle est due à l’eau contaminée que les habitants privés de toute source d’eau potable sont contraints d’utiliser et consommer. Dans les décombres non évacués, la vermine prolifère, générant l’épidémie. Le risque est accru par la destruction ou détérioration de plusieurs hôpitaux. Les malades sont livrés à eux-mêmes, sans médicaments, sans soins.
La population est aussi menacée par la famine. 90 % des ressources agricoles sont ravagées. L’élevage est aussi sinistré de même que la pêche.
Les secours et l’aide humanitaire ne parviennent pas dans plusieurs zones du fait d’une part de la destruction des voies de communication mais aussi de la désorganisation des services municipaux et régionaux.
Les restrictions budgétaires imposées par le gouvernement ont entrainé cette incompétence mortifère. Il manque du personnel, du matériel, des véhicules. Les habitants doivent se débrouiller par eux-mêmes pour assurer leur survie. Toujours par souci d’économie, les canalisations n’ont pas été curées depuis longtemps. Les eaux stagnantes sont des nids à bactéries.
Face à ce cataclysme, le gouvernement fait le choix de privilégier le nettoyage et la réhabilitation des zones touristiques au détriment des secours à la population.
Un tel drame nous touche profondément, mais c’est aussi une leçon. Qu’en sera-t-il lors d’une même catastrophe ailleurs dans la Caraïbe ? Eruption volcanique, cyclone, tsunami sont des menaces bien réelles. Les économies budgétaires et l’incurie des pouvoirs publics accroissent le danger de mort.