Stéphane Hayot, le fils à papa Bernard et actuel directeur général du Groupe Bernard Hayot (GBH) était auditionné le 16 avril par le Sénat dans le cadre d’une commission d’enquête sur les marges de la grande distribution.
À en croire ce « malheureux », le groupe GBH n’est en aucun cas responsable de la vie chère aux Antilles. Selon lui, les 40 % d’écart avec les prix en France hexagonale seraient uniquement dus à « la logistique en amont, l’octroi de mer et la logistique locale ».
Il a également nié les accusations d’opacité financière et d’abus de position dominante. Tous les comptes sont accessibles, selon lui. Il aura quand même fallu une mobilisation du RPPRAC en Martinique et de nombreuses manifestations pour que le groupe GBH finisse par publier en janvier 2025 ses comptes restés « an ba fèy » depuis 2018 ! On a alors pu constater que le profit annuel de 2023, par exemple, s’élevait à 220 millions d’euros, tout en étant inférieur à celui des années précédentes. On sait aussi que malgré ces bénéfices plus que confortables, GBH reçoit de l’État français des subventions à hauteur de 50 millions d’euros environ !
Il n’y aurait pas, selon lui d’abus de position dominante. Qu’on en juge, le groupe possède entre autres aux Antilles les enseignes de Carrefour, Mr. Bricolage, Décathlon, Danone, Total, Renault, Citroën, Toyota, Hyundai, Michelin, la Brioche Dorée, et la liste n’est pas exhaustive…
Alors il dit que les clients peuvent aller ailleurs pour faire leurs achats, qu’ils ne sont pas obligés de consommer chez eux. Mais a-t-on vraiment le choix, quand on sait que les petits libres-services sont souvent obligés de se fournir chez eux ?
Alors Stéphane Hayot peut bien essayer de se dédouaner de tout profit excessif, les 898 388 549 euros de réserve financière possédés par le groupe en 2023 ne sont pas tombés du ciel : ils proviennent de nos poches, que nous soyons clients ou travailleurs exploités dans ses entreprises. Et la véritable transparence sur ses comptes, qu’il revendique, est loin d’être réelle.