Ces jours derniers, plusieurs manifestations regroupant jusqu’à des milliers de travailleurs, syndicalistes, retraités, se sont déroulées à Caracas, capitale du Venezuela. Les manifestants, confrontés à une crise économique marquée par la faim et la maladie, réclamaient des augmentations de salaire.
Se dirigeant vers le palais présidentiel de Miraflorès, ils ont été stoppés par les tirs de grenades lacrymogènes envoyés par des forces de sécurité de la présidente par intérim Delcy Rodriguez.
Quelques jours plus tôt, Delcy Rodriguez, avait appelé les travailleurs à la « patience » lors d’une allocution télévisée. Elle leur promettait une augmentation « responsable » du salaire minimum pour le 1er mai pour ne pas alimenter l’inflation…
Elle leur proposait d’attendre ! Mais au Venezuela les salaires sont gelés depuis quatre ans. Le salaire minimum mensuel est de 130 bolivars, soit 0,23 euros. Le gouvernement fournit des primes de compensation d’environ 180 dollars par mois alors qu’un panier de produits de base pour une famille est évalué à 500 dollars.
Quatre mois après le kidnapping du 3 janvier 2026 de Nicolas Maduro par l’armée américaine et la mise sous tutelle américaine par décret, des revenus du pétrole vénézuélien, Delcy Rodriguez, la présidente par intérim et son équipe semblent donner satisfaction à Washington. Des réductions d’impôts et des redevances sont instituées pour attirer les investisseurs. Ainsi le chef du Congrès et frère de Delcy Rodriguez déclarait dernièrement : « Le Venezuela devient assez séduisant du point de vue des opportunités d’investissement étranger » ! Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères quant à lui affirmait sa « volonté d’avancer dans une nouvelle étape de dialogue constructif » avec Washington.
Alors, pour les travailleurs et la population laborieuse, il n’y a pas de raison que leur situation demeure toujours catastrophique. Ils refusent de rester dans la misère et manifestent, y compris en se retrouvant devant l’ambassade américaine représentant les nouveaux maîtres du business capitaliste au Venezuela. Cela peut être le début de luttes plus importantes !