Le Venezuela a été frappé par un double séisme de magnitudes 7,2 et 7,5 qui a dévasté une partie du nord du pays. Le bilan humain est considérable : plus d’un millier de morts, environ 50 000 disparus, des milliers de blessés et près de 7 millions de personnes affectées selon les estimations des Nations unies.
Des centaines de bâtiments se sont effondrés ou ont été gravement endommagés.
Depuis des années, des spécialistes alertaient sur le risque sismique élevé dans cette région. Pourtant, les constructions n’ont pas été suffisamment renforcées et les infrastructures publiques n’ont pas été préparées à faire face à un tremblement de terre de cette ampleur.
On peut s’interroger sur la responsabilité du gouvernement chaviste de Maduro. Malgré les importantes recettes pétrolières dont il a disposé pendant des années, les investissements nécessaires pour moderniser les logements, ou encore pour renforcer les normes parasismiques, n’ont pas été réalisés comme il le faudrait.
Mais les États-Unis ont aussi leur part de responsabilité. Depuis des années, les sanctions économiques qu’ils ont imposées au Venezuela ont contribué à étrangler son économie. Quelles sont les conséquences de l’embargo étatsunien sur le financement des hôpitaux, ou encore la construction des réseaux électriques ? En asphyxiant économiquement un pays déjà fragilisé, ces sanctions n’ont pas aidé à financer les constructions publiques indispensables à la population.
Le séisme n’a pas épargné les quartiers aisés de Caracas, où plusieurs immeubles se sont effondrés. Mais ce sont les classes populaires vivant dans les quartiers populaires de l’État La Guaira qui risquent d’en subir les conséquences les plus durables. Les familles qui ont perdu leur logement disposent rarement des moyens pour se reloger rapidement. Comme toujours dans une catastrophe, les travailleurs et les plus pauvres paient le prix le plus fort, non seulement au moment du séisme, mais aussi dans les mois et les années qui suivent.
Une catastrophe naturelle devient une catastrophe sociale lorsque des millions de personnes vivent dans des logements fragiles, lorsque les infrastructures sont insuffisantes et que les services publics de secours sont affaiblis.