CO N°1379 (24 octobre 2026) – Haïti – L’impunité des gangs

Lors de la commémoration du 220ème anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, le samedi 17 octobre 2026, le gouvernement a affiché sa volonté de faire avancer un processus électoral chancelant.

Une enveloppe de 120 millions de dollars américains est prévue dans le prochain budget pour financer les activités liées aux élections. Le Conseil électoral provisoire (CEP) a assoupli les conditions de candidature aux prochaines élections. Les personnalités visées par des sanctions américaines, canadiennes ou européennes pourront désormais se présenter, contournant ainsi une présomption de complicité avec les gangs qui pèserait sur certaines d’entre elles.

Ainsi, le 7 octobre, le gouvernement a reporté les élections à une date ultérieure « en attente de créer des conditions permettant aux électeurs de participer au vote dans un environnement suffisamment sûr ».

Pendant ce temps, les gangs marquent leurs territoires. Dimanche 18 octobre, dans une commune proche de la capitale, quatre militaires salvadoriens, appartenant au contingent venu en soutien à la Force de Répression des Gangs (FRG) ont été pris dans une embuscade. Leur véhicule blindé a été incendié et ils ont été kidnappés par le gang « 400 mawozo » opérant dans la zone. La police et les militaires salvadoriens sont à la recherche des militaires kidnappés.

Le lundi 19 octobre, des hommes armés appartenant au gang « Gran Grif » ont attaqué le centre-ville de Petite-Rivière de l’Artibonite, tôt dans la matinée. Ils poursuivent leur offensive dans le but de conquérir le maximum de territoires pour y établir leur régime. Selon un chef de gang, « tout territoire conquis l’est définitivement et devient le territoire de la coalition des, groupes armés « Viv-Ansanm ».

Devant les maisons incendiées, éventrées, les routes et ponts coupés, le démantèlement des établissements scolaires, des centres de santé, de la production agricole, la population fuit les zones occupées par les gangs.

Ces derniers affrontements montrent l’impuissance des forces du gouvernement contre les gangs. À l’ombre de ces gangs armés, la bourgeoisie et sa classe poursuivent leur mascarade électoraliste et la guerre contre la classe ouvrière et les masses exploitées.