CO N°1353 (5 juillet 2025) – Guadeloupe – Il y a 390 ans : les premiers colons

Le 28 juin 1635, au lieu-dit Pointe Allègre à Sainte-Rose, des navires français débarquent pour la première fois en Guadeloupe, dans le but de coloniser l’île. Ils sont plus de 500 colons, dont de nombreux Normands, menés par Charles Liénard de L’Olive et Jean du Plessis d’Ossonville.

Le premier européen à avoir débarqué en Guadeloupe fut Christophe Colomb, explorateur pour la couronne d’Espagne, le 4 novembre 1493 lors de son deuxième voyage à travers l’Atlantique. L’île fut nommée en hommage au monastère de Santa Maria de Guadalupe de Estremadura en Espagne où Colomb partait en pèlerinage.

Les Espagnols abandonnèrent progressivement les Petites Antilles pour l’exploration des terres plus riches en or de l’Amérique centrale. La place était libre pour d’autres colons français, anglais et hollandais.

En 1635, la France avait colonisé l’île de Saint-Christophe au nord de la Guadeloupe.

Le 14 février 1635, la Compagnie des îles d’Amérique signa un contrat avec Charles Liénard de L’Olive et Jean du Plessis. Selon les termes du contrat, ils pourront « commander ensemble dans l’île qu’ils habiteraient ». Les deux associés quittèrent le port de Dieppe le 25 mai 1635 sur deux navires avec 554 personnes, parmi lesquelles se trouvaient quatre missionnaires catholiques de l’ordre des Dominicains pour soi-disant évangéliser les Indigènes. La majorité de l’équipage était des travailleurs blancs engagés par contrat pour trois ans.

De l’Olive était un noble, originaire de l’Indre-et-Loire. Il se lança dans une carrière militaire et devint lieutenant général et capitaine.

Du Plessis, d’origine normande, était un fidèle lieutenant de Pierre Belain d’Esnambuc, qui colonisa la Martinique. Du Plessis avait participé à la conquête de l’île de Saint-Christophe.

Les premiers mois de la colonisation furent très difficiles pour ces premiers colons. Certains moururent de maladie et du manque de nourriture.

Ils ne restèrent pas à Sainte-Rose. Ils s’installèrent dans le sud de l’ile du côté de l’actuel Vieux-Fort sur les bords d’une rivière qui prit ce nom parce qu’un petit fort fut construit. Ils croisèrent les Kalinago qui, au départ, les aidèrent à survivre. Au début, les relations entre Kalinago et colons étaient pacifiques mais cela vira à la guerre lorsque les Français commencèrent à les attaquer pour leur voler des terres, des vivres et enlever des femmes.

Le 26 janvier 1636, au cours d’une énième bataille, le chef Kalinago Yance fut tué et son village Manioukani incendié par les colons.

Toutes ces guerres provoquèrent la quasi extermination des Kalinago. Quelques-uns furent réduits en esclavage.

Dès les années 1640, les premiers déportés africains furent débarqués sur l’île comme esclaves sur les plantations de canne à sucre. En sept ans, cela représentait 7 000 africains débarqués en Guadeloupe, Martinique et Saint-Christophe et réduits en esclavage.

La longue période historique de la traite négrière et l’économie de plantation sucrière démarrait.