Dans les hauteurs, section Chaufour aux Abymes, à la « Résidence de l’Université » l’eau est coupée trois, quatre, cinq jours d’affilée depuis des mois.
Les coupures interviennent bien plus longtemps que les tours d’eau officiels. L’eau, quand elle revient, coule aux « horaires de bureaux », si bien que de jeunes travailleurs de la résidence ont déjà pris des RTT ou des congés pour avoir accès à l’eau.
Les résidents, l’an dernier, avaient débuté un mouvement pour exiger des solutions. Depuis, la direction du SMGEAG (Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement en Guadeloupe) nous donne quelques explications techniques complexes pour mieux nous endormir : que nous dépendons de plusieurs réservoirs, qu’ils doivent se remplir, que nous sommes trop haut, en bout de réseau… sans apporter de solutions. Dernièrement on nous a reproché de nous précipiter trop sur l’eau lorsqu’elle revient au robinet.
La solution est connue et simple, le réseau perd toute son eau et doit être refait complètement. Nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. Dans les hauteurs de Petit-Pérou aux Abymes l’eau ne monte plus depuis neuf mois ! Les responsables de l’eau affirment que la situation s’aggravera pour nous.
L’État français est capable de construire les sous-marins nucléaires les plus sophistiqués du monde, mais délaisse les habitants des mornes aux Abymes et dans bien d’autres endroits de l’île en les privant d’eau. C’est un profond mépris pour la population ! Certes, refaire un réseau d’eau est un chantier immense et coûteux. Mais c’est parfaitement réalisable vu que l’État dispose de tels moyens et c’est surtout une évidence !
Témoignage d’un habitant de la résidence