CO N°1367 (14 mars 2026) – Iran – Trois sources de la guerre

Comme souvent dans l’histoire des interventions militaires américaines, la guerre en Iran s’inscrit dans la logique impérialiste de contrôle stratégique et de rivalité économique mondiale.

Israël, avant-poste militaire des États-Unis

Depuis des décennies, Israël est l’allié central et le bras armé de Washington au Moyen-Orient. Massivement financé et armé par les États-Unis, l’État israélien joue un rôle stratégique pour maintenir l’équilibre régional favorable aux intérêts américains.

Dans cette configuration, la rivalité entre Israël et l’Iran occupe une place centrale. Depuis la révolution iranienne de 1979, Téhéran conteste l’ordre régional dominé par les États-Unis et leurs alliés. L’influence iranienne au Liban, en Syrie ou en Irak est perçue comme une menace par Israël, qui multiplie depuis des années opérations militaires, frappes ciblées et actions clandestines contre les intérêts iraniens, quitte à étendre un foyer de guerre partout dans la région.

La rivière de dollars : les intérêts des capitalistes autour de Trump

Autour de l’administration Trump, se trouvent les plus gros capitalistes américains. Ce sont eux, le vrai pouvoir. À eux seuls, les 10 plus grosses fortunes américaines pèsent plus de 1000 milliards. Ils tirent leurs profits de trois secteurs : les énergies fossiles (premièrement le pétrole), les nouvelles technologies (dont les drones et l’IA), et l’armement.

Les compagnies énergétiques américaines tiennent à maintenir leur domination sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz. Dans le même temps, l’industrie militaire profite directement des tensions internationales : chaque escalade militaire est une aubaine pour l’utilisation et la vente des armes américaines. Résultat : le budget de défense américain qui représente déjà près de 40 % des budgets militaires mondiaux, va encore augmenter.

Enfin, les grandes entreprises technologiques jouent un rôle croissant dans les systèmes militaires modernes, qu’il s’agisse de satellites, de surveillance ou de cybersécurité. Ces intérêts économiques contribuent à exacerber une politique étrangère de confrontation permanente. L’attaque de l’Iran permet à ces capitalistes de s’enrichir dans les années à venir.

Rivalités avec la Chine

La troisième source du conflit dépasse le Moyen-Orient. La Chine cherche à devenir la puissance économique dominante. Cela conduit depuis plusieurs années à une préoccupation des dirigeants américains pour ne pas se laisser dépasser par la Chine en tant que première puissance mondiale.

La pression militaire et économique exercée sur l’Iran vise à contrôler les routes pétrolières et à réduire les capacités d’exportation du pays. Le pétrole Iranien compte pour 20 % des importations de carburants en Chine. Ils sont essentiels, pour alimenter son industrie. Si la guerre en Iran devait se poursuivre longtemps, la Chine serait privée d’une source d’approvisionnement importante en pétrole.

Des tensions en mer de Chine aux sanctions technologiques, en passant par la pression sur les pays producteurs d’énergie, Washington cherche à maintenir sa domination mondiale face à la montée en puissance chinoise. Pour cela ils seront prêts à utiliser le plus gros avantage qu’ils ont, pour l’instant, leurs centaines de bases militaires à travers le monde et leur armée.

Conclusion

Le prétexte démocratique, employé par Trump et relayé par l’impérialisme français, fait partie de la propagande qui  a cours actuellement pour justifier cette guerre. Mais c’est un mensonge. Israël aussi n’est qu’une donnée secondaire, une tête de pont de l’impérialisme américain. Il faut que les travailleurs aient conscience de ce qui risque de se jouer bientôt : une guerre impérialiste entre la Chine et les États-Unis. Ce sont les États-Unis qui sont à l’offensive et qui seront prêts à déclencher autant de guerres et de déstabilisations qu’ils en auront besoin dans les années à venir. La menace de guerre mondiale est réelle, dans cette situation. Les travailleurs n’auront personne d’autre qu’eux-mêmes pour éviter d’y être plongés.