Le 3 avril, l’Iran a abattu un chasseur américain au-dessus du pays et un autre près du détroit d’Ormuz.
Un pilote est activement recherché par l’armée américaine, le gouvernement iranien promet une récompense pour la capture et la remise du pilote aux autorités.
Cinq semaines se sont écoulées depuis le déclenchement de la guerre. Le 28 février, Israël et les États-Unis ont décidé de bombarder l’Iran au prétexte qu’il chercherait à fabriquer la bombe atomique et constituerait une menace pour l’État d’Israël. Ils prétendaient aussi mettre fin au régime des mollahs (des religieux chiites) apportant ainsi la liberté au peuple iranien.
Lors de ces frappes, de nombreux dirigeants politiques et militaires iraniens ont été tués dont le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei. Il régnait depuis plus de trente ans, il a fondé la République islamique, il était le chef de l’État, commandant des forces armées et celui des Gardiens de la révolution. L’ayatollah Khamenei et ses mollahs ont mis en place un régime réactionnaire et très répressif. La vague de manifestations déclenchée en 2022 suite à la mort d’une jeune femme, Mahsa Amini, a été réprimée dans le sang. De même que les manifestations en janvier dernier où des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées contre la misère et contre l’inflation.
Trump avait sous-estimé la résistance du régime des mollahs. Il alterne les menaces et les discours d’apaisement. Il menace de « déchaîner les enfers » sur l’Iran, de détruire les centrales électriques et les usines de dessalement d’eau si le détroit d’Ormuz n’est pas ouvert. En effet, le détroit d’Ormuz, passage clé du pétrole mondial, est bloqué par l’Iran. La veille, Trump disait que la guerre était terminée, le jour d’après, il affirmait qu’il négociait avec des représentants du gouvernement iranien, ce qui a ensuite été démenti par l’Iran.
Le 1er avril Donald Trump lors d’une allocution télévisée a promis de renvoyer l’Iran à « l’âge de pierre ». Il y a peu de temps, il disait avoir de « bonnes chances » de parvenir à un accord avec l’Iran, repoussant à chaque fois son ultimatum.
En riposte l’Iran menace de tout brûler. Depuis le début de la guerre des drones iraniens ont attaqué des installations pétrolières, gazières, des unités de production d’électricité, des usines de dessalement d’eau dans les pays du Golfe proches des États Unis et Israël, comme au Koweït, à Bahreïn, où il y a eu des dégâts importants. Des tirs de missiles ont aussi causé de nombreux dégâts en Israël.
Ce sont encore une fois les populations du Moyen-Orient qui paient le prix de cette guerre. Ce sont des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés dans la région.
Selon l’ONG Human Rights Activists News, 3500 personnes ont été tuées en Iran dont 244 enfants. Israël mène aussi la guerre au Liban contre le Hezbollah allié de l’Iran, plus de 1400 personnes ont été tuées depuis le 2 mars. À ce bilan dramatique s’ajoute l’inflation. Les prix des carburants ne cessent de flamber, la population mondiale, en particulier les plus modestes, est fortement impactée.
On ne sait pas quelle issue aura cette guerre, mais l’impérialisme américain n’a que faire des droits bafoués du peuple iranien, ni des dictatures en général. Il n’accepte pas qu’un régime ne lui soit pas soumis, entrainant donc le Moyen-Orient et le monde entier dans un nouveau conflit meurtrier.