Le 30 avril et le premier mai, les ouvriers se sont mobilisés. À Port-au-Prince, ils étaient plusieurs milliers à défiler. Les gangs se sont tenus à l’écart.
Portant des banderoles, des drapeaux rouges et des pancartes, ils réclament la réévaluation du salaire minimum journalier à 3000 gourdes (20 €). Le salaire des ouvriers, décrété par le gouvernement et le conseil supérieur des salaires (CSS), est bloqué depuis 2022 à 685 gourdes (4,5 €).
Depuis la mi-avril 2026, les ouvriers des usines de textile ont manifesté pendant trois jours pour dénoncer leurs conditions de travail. Plusieurs mouvements de grève et de protestation ont eu lieu dans le parc industriel de Port-au-Prince (SONAPI) et celui de Ouanaminthe sur la frontière avec Saint-Domingue, qui emploie environ 18 000 ouvrières et ouvriers.
Le pouvoir d’achat des ouvriers dégringole depuis que le gouvernement a augmenté le prix du carburant début avril. Un gallon de 4 litres d’essence vaut plus cher que le salaire journalier d’un ouvrier.
Pour le gouvernement le premier mai est une tout autre fête. Il a célébré le premier mai en tant que la « fête nationale de l’Agriculture et du Travail », dans les jardins du Palais National. Sous le thème « Pwodiksyon nasyonal se potomitan batay pou sekirite » (la production nationale est le point central de la bataille pour la sécurité), des agriculteurs « méritants » ont été félicités et médaillés. Lors de la cérémonie officielle, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a réaffirmé son « engagement en faveur de la souveraineté nationale, de la valorisation du travail et de la relance de la production locale ». Le gouvernement est au service des patrons et de la bourgeoisie et ne cède toujours pas sur les salaires.
Les ouvriers ne sont pas dupes, et la contestation touche également d’autres secteurs. Au Cap-Haïtien, des employés contractuels de l’hôpital Justinien ont bloqué l’accès à l’établissement le 27 avril, pour exiger le paiement de quinze mois d’arriérés de salaire.
Les employés des douanes, ont manifesté exigeant le paiement des arriérés de salaires et l’abandon de toute procédure visant à poursuivre ou intimider les grévistes.
Les ouvriers du textile montrent la voie. Par la mobilisation, les ouvriers pourront obtenir satisfaction de leurs revendications.