Le procès des 14 anciens grévistes d’EDF-PEI (Production électrique insulaire) a duré quatre jours du 23 juin au 26 juin dernier.
Ils sont accusés d’avoir causé le black-out en Guadeloupe survenu le 25 octobre 2024. Ils sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, dégradation du bien d’autrui et mise en danger de la vie d’autrui ». Cette coupure générale de l’électricité intervient durant la dure lutte que les travailleurs ont dû mener pour faire respecter la loi et leurs droits.
Les grévistes ont fait grève pendant 61 jours entre le 18 décembre 2023 et le 17 février 2024. En 2023, EDF-PEI a dégagé un bénéfice de 195 millions d’euros grâce au travail des salariés et aux vols sur les salaires. À l’issue de cette première grève la direction a payé 4 millions d’euros de rappels de salaire et 27 contrats d’intérim ont été requalifiés en CDI (contrat à durée indéterminée). Mais elle a décidé de ne pas respecter tous les points de l’accord. Ils ont dû faire grève à nouveau pendant 80 jours en 2024 pour exiger le respect de l’intégralité du protocole d’accord. Les grévistes ont obtenu un accord sur les rattrapages de salaires, des mesures pour les départs à la retraite et l’interdiction de dépassement du temps de travail maximal.
Dans ce procès, le tribunal au service des capitalistes, a clairement affiché sa volonté de condamner les grévistes au plus vite. Le parquet a requis des peines allant de 1 à 2 ans de prison avec sursis, accompagnées d’interdiction d’accès à l’emploi dans le secteur public. La décision a été mise en délibéré le 8 octobre.
Dans ce procès, les avocats de la défense ont montré les nombreux dysfonctionnements de la centrale et des défaillances techniques lors des auditions des deux directrices d’EDF-PEI et d’EDF-SEI. Les avocats ont réclamé une demande d’expertise pour faire éclater la vérité. Il n’aurait pas dû y avoir le black-out car EDF-PEI assure 50 % de la production électrique. Les autres producteurs d’électricité comme Albioma et les dispositifs de secours auraient dû fournir une bonne partie de l’électricité à la population.
La direction d’EDF-PEI veut se débarrasser des travailleurs les plus combatifs. Elle a déjà procédé à des mesures de licenciement. Mais ces 14 agents sont déterminés à poursuivre le combat.
À bas la répression coloniale contre les anciens grévistes !