CO N°1375 (18 juillet 2026) – Guadeloupe – BTP : la maison s’effondre, mais sur qui ?

Les patrons du BTP multiplient les déclarations alarmistes. À les entendre, la filière serait au bord de l’effondrement. Ils réclament des mesures d’urgence, des paiements plus rapides et des aides.

Selon l’IEDOM, l’activité du BTP a reculé de 9,8 % en 2025. La commande publique diminue depuis plusieurs années, les chantiers se font plus rares et les organismes publics tardent à payer leurs factures. Les patrons évoquent près de 180 millions d’euros dus aux entreprises du secteur. Une situation qui peut certainement étrangler les plus petites sociétés.

Mais lorsque les gros patrons comme José Gaddarkhan parlent de difficultés, doit-on les croire sur parole ? Qu’ils ouvrent leurs comptes d’abord. On verra ainsi, où passe l’argent. Les capitalistes ont des entreprises, du patrimoine, des possibilités de financement, des arrangements avec le fisc. Les ouvriers, les employés et les intérimaires n’ont qu’un salaire pour vivre. Eux, voient arriver les retards ou absences de salaire, les fins de contrats, les heures supprimées et l’incertitude totale. Alors qui souffre d’abord de ces crises ?

Les retards de paiement des collectivités, la hausse du carburant, du bitume et des matières premières sont des réalités. Mais les travailleurs ne décident ni de la politique des collectivités, ni de l’organisation du secteur.

Cette situation révèle aussi les rivalités entre patrons. Certaines entreprises, qui ne peuvent pas travailler par manque de matériel, empêchent d’autres de poursuivre des chantiers parce qu’elles refusent de voir l’argent leur échapper. Derrière les appels à défendre le « BTP guadeloupéen », il ne s’agit aucunement de défendre les travailleurs de Guadeloupe,  mais de conserver sa part des marchés publics.

Les travailleurs n’ont pas à choisir entre les intérêts des uns ou des autres. Car quand tout va bien, les profits appartiennent aux patrons. Quand tout va mal, les sacrifices sont pour les travailleurs.

Notre place n’est pas aux côtés de ceux qui se disputent les profits, mais du côté de ceux qui font réellement vivre le secteur : les ouvriers qui construisent les routes, les bâtiments et les équipements.