Depuis novembre 2025, les relations entre la Chine et le Japon sont entrées dans une zone de fortes turbulences — et ce à cause de la question de Taïwan.
La nouvelle chef du gouvernement japonais, Sanae Takaichi, a déclaré le 7 novembre que si la Chine attaquait Taïwan, le Japon pourrait intervenir militairement, invoquant sa loi de « légitime défense collective ». Pour Pékin, ce type de déclaration est une provocation inacceptable, le franchissement d’une « ligne rouge ».
Ce coup d’éclat diplomatique tombe au mauvais moment pour Tokyo : la Chine célèbre cette année la mémoire de sa victoire sur l’impérialisme japonais (le souvenir de la guerre sino-japonaise, les massacres et les viols en masse de Nankin en 1937 qui firent plus de 200 000 victimes parmi la population chinoise). Que la dirigeante japonaise parle d’intervention militaire est perçu par Pékin comme une insulte directe à la mémoire de tous ceux qui ont résisté à l’occupation.
Dès le 15 novembre, le gouvernement chinois a appelé ses citoyens à éviter le Japon et les compagnies aériennes chinoises ont annulé ou remboursé massivement leurs vols vers l’archipel. Entre le 15 et le 24 novembre, ce sont environ 600 000 billets qui ont été remboursés. Parallèlement, Pékin a rétabli l’interdiction des importations de produits de la mer japonais estimant qu’il n’y avait « plus de marché » pour ces exportations dans le climat diplomatique actuel.
Officiellement, la Chine accuse le Japon de « révisionnisme », de « militarisme renaissant », de tentative de raviver l’impérialisme nippon. Toutefois, on ne peut manquer l’ironie : alors que Pékin fustige l’impérialisme historique du Japon, la pression qu’elle exerce aujourd’hui sur Taïwan — cette île qui refuse l’annexion — révèle les mêmes logiques de puissance, de conquête, de domination.
Jusqu’où iront ces tensions autour de la mer de Chine ? Invasion chinoise ? Contre invasion américano-japonaise ? Dans ce qui pourrait devenir un bras de fer entre les deux puissances, le Japon a le soutien de l’impérialisme américain qui se sent concurrencé par la Chine. On sait d’ores et déjà que les travailleurs de Taïwan, comme ceux de Chine et du Japon n’ont aucun intérêt dans un nouvel engrenage militaire.