CO N°1361 (6 décembre 2025) – Martinique – Déboulonnage : la justice coloniale fait appel

Le 17 novembre dernier a eu lieu le procès des militants qui ont participé au déboulonnage des statues : celle de Victor Schœlcher, politicien français auquel a longtemps été attribué tout le mérite de l’abolition de l’esclavage, celle de Joséphine de Beauharnais, issue d’une famille esclavagiste et femme de Napoléon qui a rétabli l’esclavage, et enfin, celle de Pierre Belain d’Esnambuc, le premier gouverneur des Antilles françaises, avec qui commence le génocide des populations amérindiennes, le système esclavagiste et le colonialisme français sur plusieurs îles.

Les militants ont été relaxés en première instance — encore heureux — mais le ministère de la Justice a fait appel contre eux.!
Ces statues, payées par les caisses publiques, donc par notre argent, étaient une insulte à la mémoire des luttes anti-esclavagistes, doublée d’un mépris de la France envers les populations antillaises d’aujourd’hui. On peut rediscuter du côté spectaculaire, de l’action et de son utilité, purement symbolique. Mais quoi qu’il en soit, pour nous, à Combat ouvrier, et pour la majorité des gens, il n’y a pas lieu de condamner des militants qui ont essayé de rendre justice à leur manière. Alors la lutte continue contre ce procès politique et l’acharnement de la justice coloniale !