Des pourparlers sont annoncés entre les États-Unis et l’Iran, à la suite du cessez-le-feu qui prend fin le 22 avril. Mais derrière ces annonces, les tensions restent inchangées, et les préparatifs militaires, eux, ne s’arrêtent pas.
Il y a quelques semaines, le blocage du détroit d’Ormuz a suffi à faire trembler l’économie mondiale. Cette zone stratégique, par où transite une part essentielle du pétrole mondial, reste sous pression militaire permanente. Ce coup de l’Iran a déclenché une réaction en chaîne : hausse des prix de l’énergie, fébrilité des marchés, inquiétude des grandes entreprises.
Les États-Unis entendent maintenir leur domination sur les routes commerciales et les ressources énergétiques. Leur domination militaire sert directement leur domination économique. Derrière eux, Israël agit comme un relais armé dans une région déjà dévastée par des décennies de guerres. Quant à la France, elle se dit spectatrice, mais elle envoie des bâtiments militaires et renforce sa présence navale. Elle défend, comme les autres, les intérêts de ses grands groupes industriels et financiers.
La réaction des marchés financiers ne trompe pas. À peine l’hypothèse d’un apaisement évoquée que le CAC 40 repart à la hausse. Même en de telles circonstances, la boussole des capitalistes reste la même : non pas la paix, non pas les peuples, mais la sécurité de leurs profits.
Derrière ces guerres, la logique à l’œuvre est celle du capitalisme. Arrivé à un stade de concurrence mondiale poussée à l’extrême, il ne peut fonctionner sans zones de tension permanentes. Les marchés sont saturés, les rivalités économiques s’aiguisent, et chaque puissance cherche à préserver ou étendre ses positions.
La superpuissance américaine refuse de voir sa domination contestée, notamment par la montée de la Chine devenue sa principale concurrente économique et industrielle potentielle. Dès lors, chaque crise régionale devient un terrain d’affrontement indirect entre grandes puissances, et un pas de plus vers une confrontation généralisée. Le Moyen-Orient en est une illustration, tout comme l’Ukraine, Gaza…
Le capitalisme mondial ne connaît plus de stabilité durable. Il fonctionne par crises successives, tensions régionales, zones de guerre ouvertes ou latentes. Et où chaque accalmie n’est qu’un répit temporaire avant une nouvelle escalade de guerres.
Les peuples, eux, n’ont rien à gagner dans ces affrontements. Ni les travailleurs iraniens, ni les travailleurs américains, ni ceux d’Europe ou d’ailleurs ne tirent le moindre bénéfice de ces démonstrations de force. Au contraire, ils en paient le prix économique et humain : inflation, précarité, et morts sur les champs de batailles ou dans les bombardements.
Pendant ce temps, les grandes entreprises de l’armement, de l’énergie (comme TotalEnergies) et de la finance continuent, elles, à engranger des profits record. La guerre n’est jamais une rupture pour elles : elle est une continuité du business par d’autres moyens.
Ces conflits ne sont pas les nôtres. Ils sont ceux de la bourgeoisie, de ses États et de ses multinationales. La seule guerre qui vaille pour les exploités est celle qu’ils devront mener contre ce système qui engendre crises et massacres. Tant que le capitalisme dominera, il portera en lui la guerre comme la nuée porte l’orage.