CO N°1370 (25 avril 2026) – Martinique – Grève de Transaglo : Martinique Transport doit assumer

Entamée depuis le 17 mars 2026, la grève des employés de Transaglo se poursuit.

Martinique Transport, autorité unique organisatrice et donneur d’ordre, a fait le choix de son côté de judiciariser le conflit, tout en louvoyant pour ne pas respecter son engagement.

Dans un courrier daté du 12 mars 2026, Martinique Transport a « invité Transaglo à surseoir sur tous les points des NAO relatifs aux dispositions salariales ». Dit autrement, excluez le point « Salaires » de la discussion. La position de Martinique Transport s’explique par le fait qu’elle n’a pas respecté un engagement pris le 13 mai 2025, à savoir l’harmonisation des salaires sur le réseau du Centre. Dans le même temps, elle a refusé de prendre part aux négociations initiées par la DEETS (Direction du travail) après le début du conflit et a assigné en référé le 10 avril 2026 la CGTM, syndicat des salariés de l’entreprise, et des grévistes.

Martinique Transport a ainsi fait le choix de jouer le pourrissement de la grève et l’exaspération de la population pour ne  pas négocier. Mais face à la    détermination des grévistes, elle a dû reconsidérer sa stratégie et  a fini par rencontrer les représentants des grévistes à deux  reprises et en présence de la Direction du travail qui lui a rappelé ses obligations : respecter son engagement. La décision du tribunal enjoignant les grévistes de ne plus perturber les accès de dépôts de bus, était attendue et n’a pas changé les choses. En effet, le fonctionnement normal n’a pas repris. Des chauffeurs de bus d’autres entreprises, et notamment ceux des bus à haut niveau de service (BHNS) qui dépendent de la Régie des Transports de Martinique (RTM), ont refusé d’être instrumentalisés pour casser la grève justifiée des chauffeurs de Transaglo.

En réalité, il ne fait plus de doute que Martinique Transport n’a jamais voulu instaurer véritablement l’harmonisation des salaires sur le réseau de la Zone Centre. Elle se réfugie derrière un déficit de 45 millions d’euros de dettes pour ne pas honorer le protocole de 2025, tablant ainsi sur le fait que le rétablissement de la situation financière se fera sur le dos de tous les chauffeurs. Ces derniers ont appelé à la solidarité les autres travailleurs. Cet appel s’est concrétisé par des prises de paroles devant certaines entreprises avoisinantes telles Odyssi, Métal Dom, ArcelorMittal et un soutien dans d’autres entreprises.

En laissant pourrir le conflit,  Martinique Transport et certains élus cherchent à alimenter l’idée que les grévistes de Transaglo « prennent les usagers en otage ». La réalité est tout autre. Et c’est même l’inverse ! En se battant pour des augmentations de salaires face à la vie chère et en exigeant le respect de leurs droits, les grévistes défendent le droit de l’ensemble des usagers, salariés, retraités, et ils peuvent en être fiers !