CO N°1372 (6 juin 2026) – Code noir abrogé

L’Assemblée nationale vient d’abroger le Code noir, texte promulgué en 1685 sous Louis XIV qui légalise l’esclavage dans les colonies françaises.

Il existe ainsi de nombreux textes non légaux et odieux qui dorment encore dans les tiroirs des archives des assemblées. Mais cette fois-ci il s’agissait d’un symbole particulier : l’esclavage des Noirs. Et en plus, dans un contexte où l’abstention de la France et d’autres ex puissances esclavagistes et le vote contre des États-Unis à l’ONU pour la reconnaissance de l’esclavage comme pire crime contre l’humanité, a beaucoup choqué et révolté.

Le débat a permis de rappeler ce qu’était ce texte barbare : les esclaves y étaient définis comme des « biens meubles », pouvant être achetés et vendus comme du bétail. Le texte autorisait les châtiments les plus cruels et condamnait les esclaves fugitifs à des mutilations pouvant aller jusqu’à la peine de mort.

On peut comprendre la satisfaction de la population de voir enfin disparaître officiellement un texte aussi infâme. Mais il faut tout de même rappeler une évidence : le Code noir avait cessé depuis longtemps d’avoir le moindre effet, car ce sont les esclaves eux-mêmes qui l’ont abrogé par leurs luttes.

Durant des décennies, les révoltes, les fuites vers les communautés « marronnes » et les résistances quotidiennes ont défié l’ordre esclavagiste. C’est surtout l’insurrection des esclaves qui ébranla tout le système colonial et contraignit la Convention révolutionnaire à proclamer l’abolition de l’esclavage en 1794.

Et il fallut de nouvelles résistances et de nouveaux bouleversements pour que l’abolition soit définitivement proclamée en 1848.

Que l’Assemblée nationale débatte aujourd’hui du Code noir n’est pas inutile. Cela permet de rappeler la violence sur laquelle s’est bâtie une partie de la richesse des classes possédantes. Mais la liberté des esclaves n’a pas été un cadeau venu d’en haut. Elle a été arrachée par les opprimés au prix de leurs combats.

C’est une leçon de l’histoire qui mérite d’être rappelée.