CO N°1372 (6 juin 2026) – Haïti – Kidnappings : six ans d’échec des autorités

Nous publions ici un article édité en Haïti par nos camarades de l’Organisation des Travailleurs Révolutionnaires (OTR-UCI) dans leur journal  « La Voix des Travailleurs ».

Les enlèvements continuent de terroriser la population. Dans plusieurs autres quartiers de la capitale, les cas se multiplient. Derrière chaque kidnapping se cache le même cauchemar : des familles ruinées, des otages torturés, des traumatismes et des ravisseurs toujours plus gourmands.

Selon plusieurs médias, plus d’une vingtaine d’enlèvements ont été signalés dans les quartiers de Delmas 83, Delmas 75 et Catalpa entre le 15 et le 17 mai 2026. Cette recrudescence inquiète profondément les habitants.

Le cas le plus récent s’est produit le 26 mai dernier à Bourdon. Des ravisseurs ont tenté d’enlever le Docteur Germain, propriétaire du laboratoire GAMMA. N’ayant pas réussi à l’enlever, ils ont criblé son véhicule de balles et l’ont tué. Dans bien d’autres cas, les familles préfèrent garder le silence dans l’espoir de revoir leurs proches vivants.

Les gangs réclament des rançons exorbitantes. Mais cela ne leur suffit souvent pas. Après avoir reçu l’argent, ils exigent parfois un second paiement avant de libérer leur victime. Pendant leur captivité, de nombreux otages subissent coups, humiliations et mauvais traitements.

Le plus révoltant est que plusieurs anciens otages affirment avoir été détenus dans des quartiers de la capitale contrôlés par les gangs. Ils expliquent également que les ravisseurs communiquent régulièrement avec leurs proches par téléphone pour négocier les rançons.

Pendant près de six ans, les gangs ont ainsi utilisé des téléphones, déplacé des otages, encaissé des rançons et maintenu des réseaux criminels bien implantés. Malgré toutes ces informations, malgré les appels, les localisations possibles et les témoignages des victimes, la police et les FAD’H (les Forces armées d’Haïti) n’ont jamais réussi à démanteler ces réseaux ni à mettre un chef hors d’état de nuire.

À chaque flambée de kidnappings, les autorités annoncent des opérations, installent quelques points de contrôle et promettent des résultats. Puis les enlèvements reprennent de plus belle.

Comment continuer à faire confiance à des institutions qui, depuis des années, se montrent incapables d’enrayer un phénomène dont les auteurs opèrent au cœur même de la capitale ?