CO N°1372 (6 juin 2026) – Guyana et Venezuela – Conflit pour le pétrole ?

L’Essequibo désigne à la fois le plus long fleuve du Guyana et un territoire revendiqué par le Venezuela. Cette dispute est exacerbée depuis la découverte d’immenses réserves de pétrole par la compagnie américaine Exxon Mobil, qui les exploite actuellement.

Cette zone est plus précisément située entre la frontière avec le Venezuela à l’ouest et le fleuve Essequibo à l’est. Historiquement, rappelons que la grande région comprenant le Venezuela et le plateau des Guyanes était peuplée d’Amérindiens, qui vivaient dans une relative quiétude avant l’arrivée des colonisateurs européens. Parmi ceux-ci, ce sont les Hollandais qui débarquèrent les premiers en 1581, et qui par la suite créèrent une colonie comprenant l’actuel Suriname. L’introduction de la canne à sucre et de l’esclavage fut menée de manière féroce, et aboutit à une grande révolte des Noirs mis en esclavage en 1763, qui dura cinq ans et fut sauvagement réprimée. Cette révolte inspira semble-t-il Toussaint Louverture. Par la suite, les Anglais, les Français et les Espagnols s’emparèrent tour à tour du territoire.

En 1811, l’Essequibo faisait partie du Venezuela, mais la Grande-Bretagne s’en empara définitivement en 1831. C’est sur cette base que le Venezuela revendique le territoire. Hugo Chavez y avait plus ou moins renoncé, mais son successeur Maduro relança la revendication après la découverte par la société américaine Exxon Mobil de réserves de pétrole considérables.

Le Venezuela sous Maduro mobilisait des troupes à la frontière du Guyana, menaçant de s’en emparer par la force. Il y a même eu des élections pour désigner des députés au parlement vénézuélien pour représenter le territoire.

Il est certain que depuis l’enlèvement de Maduro, le Venezuela n’est plus vraiment en position favorable pour une intervention militaire. On comprend aussi pourquoi le gouvernement du Guyana est un chaud partisan de la politique de Trump, et est devenu un partenaire stratégique des USA dans la région.

Pendant ce temps, la société Exxon Mobil engrange les profits.

Tous ces conflits entre pays de la Caraïbe favorisent la politique impérialiste des États-Unis, mais ne servent en rien les intérêts des populations de ces pays, qui ne bénéficient que peu des profits colossaux générés par ces richesses naturelles.