CO N°1376 (12 septembre 2026) – Éditorial – Exigeons l’augmentation des salaires !

En Guadeloupe, le 1er septembre, le gazole a augmenté de 16 centimes et atteint 2,09 euros. En Martinique, il a augmenté de 17 centimes. Depuis janvier, le litre a augmenté de 55 centimes. Pour un plein de 50 litres, cela représente 27 euros de plus. Et la baisse du prix du sans-plomb est risible : 0,01 euro !

Alimentation, assurances, logement, factures : tout coûte plus cher. Depuis 2019, l’indice général des prix a augmenté d’environ 15 % en Guadeloupe et en Martinique. Pour les familles précaires, comment assumer la rentrée scolaire ? Chez les étudiants les montants des bourses 2026-2027 sont exactement les mêmes qu’en 2025-2026. Le prix des loyers continue de monter.

Deux ans après la mobilisation contre la vie chère, le RPPRAC (Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens) en Martinique dénonce les faux engagements de l’État : aucune mesure n’est prise sur les prix, les marges et les coûts d’importation des biens de consommation.

Pour ce qui est des fruits et légumes locaux, les conditions climatiques ont entrainé une hausse importante. Se loger, se nourrir, acheter les biens nécessaires à la vie courante devient pour beaucoup problématique voire impossible.

Et les salaires ne suivent pas. Le SMIC est de 1 480 euros net par mois, après une petite augmentation en juin. C’est nettement insuffisant et la hausse des prix vient constamment rogner ce maigre revenu. Pour vivre décemment chaque travailleur devrait recevoir au moins 2 200 € net ! La situation est tellement difficile qu’elle pousse de plus en plus de familles vers le surendettement.

Les services publics craquent. La crise de Martinique Transport en est l’exemple criant. Des chauffeurs attendent encore le paiement de leurs salaires et des dizaines de lignes sont paralysées. Malgré cela, Martinique Transport et la Collectivité territoriale de Martinique ne régularisent pas la situation des salariés. Ceux qui font fonctionner le transport public n’acceptent plus de travailler sans recevoir le salaire et les augmentations qui leur sont dus !

Le gouvernement nous parle d’économies et cherche encore à faire payer la population. Les retraites et les prestations sociales sont dans le viseur. Mais lorsqu’il est question d’augmenter les salaires, le patronat pousse des cris d’alarme !

Au Medef, le message est clair. Lorsque Jean-Luc Mélenchon a défendu devant les patrons une augmentation du SMIC, des rires ont fusé dans la salle. Voilà la réalité : pour les gros patrons, prendre sur leurs profits est proscrit. Pour ces milliardaires, que le montant des salaires puisse assurer aux travailleurs un niveau de vie décent, c’est impensable !

Et les futurs candidats à la présidentielle viennent les uns après les autres montrer patte blanche devant le patronat. Ils promettent de rassurer les entreprises, de réduire leurs « charges ».

L’argent existe pourtant. Les grandes fortunes continuent d’accumuler des milliards grâce aux profits réalisés par l’exploitation de ceux qui triment dans leurs entreprises.

Nous devons exiger des augmentations immédiates de salaires, de pensions et d’allocations. Et surtout, les salaires doivent automatiquement être indexés sur les prix ! Lorsque les prix augmentent, les salaires doivent augmenter dans la même proportion. C’est le principe de l’échelle mobile des salaires défendue par Trotsky dans le Programme de transition : empêcher que l’inflation ne réduise mois après mois le salaire.

Une telle mesure ne pourra être imposée que par les travailleurs eux-mêmes, par la mobilisation, les grèves et le rapport de force.

Les travailleurs et la population pauvre n’ont pas à payer la crise des capitalistes. Augmentons les salaires, les pensions et les allocations ! Indexons les revenus sur les prix ! Prenons l’argent là où il est : dans les profits des grandes fortunes ! C’est aux travailleurs de l’imposer !