CO N°1379 (24 octobre 2026) – Martinique – Montée de la colère !

En Martinique ces derniers mois, des milliers de personnes, travailleurs, jeunes, usagers ont exprimé leur mécontentement face à une situation sociale qui se dégrade sans cesse pour eux.

L’augmentation du prix des carburants est de plus en plus insoutenable pour tous ceux qui, « gros rouleurs » ou pas, utilisent leur véhicule pour travailler mais aussi pour se déplacer dans des communes ou quartiers où les transports en communs manquent.

Alors qu’officiellement, en 2023, 44 300 foyers, soit le quart de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté (moins de 1 150 € par mois), le coût de la vie n’arrête pas d’augmenter. Femmes, enfants, retraités, travailleurs ne sont pas en mesure de se nourrir correctement. Dernier exemple en date, le samedi 17 octobre, la radio Martinique La 1ère ouvrait son journal en annonçant le prix du kilo de tomates à 7 € dans les grandes surfaces. Cette fois-ci, ce serait à cause de la sécheresse !

À cette situation qui frappe les classes laborieuses de plein fouet s’ajoutent les attaques contre les services publics prévues par le gouvernement dans le budget 2027, au nom du « remboursement de la dette publique » : réductions de budgets et blocage du point d’indice, suppressions de postes dans la fonction publique : Santé, Collectivités territoriales… La situation des salariés du secteur privé est tout autant bloquée pour le maintien des profits des possédants : aucune avancée pour les salaires, licenciements à la pelle.

Le 29 septembre dernier des salariés du secteur public étaient plusieurs centaines à crier leur colère dans les rues de Fort-de-France. Ces dernières semaines des centaines de jeunes de plusieurs lycées ont manifesté au grand jour contre leurs mauvaises conditions d’apprentissage. Ils ont créé la surprise, y compris dans les rangs des dirigeants et montré leur détermination. De leur côté, plusieurs dizaines d’animateurs et animatrices étaient mobilisés à Saint-Joseph, pour exiger le paiement régulier de leurs salaires, tandis que des agents municipaux exigeaient des meilleures conditions de travail et du respect de la maire du Morne-Rouge.

Les mobilisations multiples des travailleurs, celles des lycéens sont une première réponse à leur situation. Elles sont des exemples à suivre pour le monde du travail et aussi un espoir !

Face à la situation qui se durcit, elles continueront.

À partir du lundi 19 octobre le RPPRAC, Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens, mobilisé en 2024 contre la vie chère avec Rodrigue Petitot, a annoncé qu’il reprenait des actions contre la vie chère et lancé un appel à mobilisation. Quelques jours plus tôt, l’organisation syndicale CDMT a déposé un préavis de grève à partir de ce même jour. Certains syndicats ont prévu des réunions sur les lieux de travail. L’occasion pour les salariés de discuter de la situation mais aussi de leur mise en mouvement éventuelle pour leurs revendications. D’autant que les richesses qu’ils produisent ne se sont pas envolées ! Elles sont dans les caisses du grand patronat, des banquiers, des financiers !

Alors oui ! Il est nécessaire que le mécontentement s’amplifie pour faire ravaler leurs attaques et leur morgue aux gouvernants et possédants. C’est le bon moment pour exiger l’augmentation des salaires, des pensions et des allocations. Pas de salaires, de pensions ou d’allocations inférieurs à 2200 € net par mois. Et aussi la création d’emplois pour les jeunes et de bonnes conditions d’apprentissage pour la jeunesse. Exiger la baisse effective du coût de la vie. Les masses laborieuses, la jeunesse, les retraités ne doivent pas être les sacrifiés de la situation.