Vendredi 3 avril, au journal de 19h, soit une heure de grande écoute, les 20 minutes du journal de France Info consacrées aux « nouvelles nationales et internationales » n’ont eu qu’un seul sujet : le sort d’un pilote américain dont l’avion a été abattu au-dessus de l’Iran.
Voilà le sujet que les chaînes La Première ont choisi pour informer le public antillais ce soir-là, comme si rien d’autre n’importait ni en France (notamment le déchaînement du racisme) ni dans le monde, en particulier avec les bombardements qui font des centaines de morts au Moyen-Orient. Certes, ce pilote est un être humain. Mais son « boulot », c’est de massacrer des gens. Dans toute l’émission, pas un mot sur le sort de ceux que lui et ses collègues ont bombardés, parmi lesquels de nombreuses victimes civiles.
C’est un peu comme si un poseur de bombes faisait exploser un engin, avec des victimes civiles, qu’il s’enfuyait en voiture et fasse un accident. Il arrive à s’extraire de la voiture, et disparaît dans la nature. Que dirait-on des journalistes qui s’inquièteraient de son sort : « Comment va-t-il ? Est-ce qu’il n’a pas froid ? Va-t-il pouvoir survivre ? ». Eh bien, c’est exactement ce qu’ont fait, pendant vingt minutes, la journaliste de France Info et ses « spécialistes » et autres consultants.
Tout comme lors de la guerre génocidaire contre Gaza, ou celle en cours au Sud Liban, la presse occidentale se préoccupe davantage des militaires qui assassinent que de la population qui est massacrée. Récemment au Liban, un commando israélien a essayé de récupérer le corps d’un soldat tombé à l’est du pays en… 1985 ! Il a échoué, mais cette tentative a coûté la vie à 46 personnes.
Les chaînes La Première ne sont peut-être pas responsables des choix des éditions de France Info. Mais les journalistes de ces chaînes publiques n’ont pas de quoi être fiers de ce qu’ils nous proposent.