Une quinzaine d’agents d’EDF PEI (Production électrique insulaire) ont été convoqués au tribunal le 28 avril dernier. Ils sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui et dégradations de biens d’utilité publique ».
Le procès a été renvoyé au 23 juin.
Les salariés avaient commencé une grève le 16 septembre 2024. Ils exigeaient l’application du protocole d’accord signé le 17 février 2023. Les grévistes réclamaient de meilleures conditions de travail, la régularisation des fiches de paie et celle de la carrière des agents qui partiront à la retraite. Mais la direction d’EDF faisait la sourde oreille et a refusé d’appliquer certaines revendications. Les chefs ont multiplié les provocations contre les grévistes. L’un des chefs d’EDF venu sur place en Guadeloupe a quitté la table des négociations, au bout de deux semaines, et est reparti en France. La direction a rompu les négociations rejetant la faute sur les grévistes et prétextant que la majorité des points de revendications ne faisaient pas partie du protocole de février. Puis EDF a lancé un ultimatum aux grévistes jusqu’au vendredi 25 octobre 2024 pour signer la partie de l’accord obtenu lors des négociations.
La veille, un travailleur de PEI, particulièrement apprécié de ses camarades, a reçu une lettre le convoquant à un entretien préalable à sa mise à la retraite d’office. Ses camarades en ont eu connaissance le vendredi 25. C’est alors que les grévistes sur un coup de colère ont provoqué l’arrêt de toutes les machines causant l’arrêt général et total de la production sur l’ensemble de l’archipel.
Le groupe EDF a réalisé en 2024 des bénéfices nets record de 11,4 milliards d’euros. Il est donc capable de donner satisfaction aux grévistes, d’autant plus que l’entreprise vole en toute impunité ses salariés sur les congés payés. En 2024, elle leur devait 1,2 millions d’euros.
La justice coloniale a décidé de s’attaquer aux grévistes. Quinze salariés avaient été placés en garde à vue en juin 2025. En traitant les grévistes de malfaiteurs, on les fait passer pour des monstres, c’est immonde !
La justice n’est pas aussi réactive quand il s’agit des gros patrons de la banane, responsables de l’empoisonnement des sols au chlordécone, responsables de la contamination des eaux et d’une bonne partie de la population des Antilles françaises. Cette contamination a causé de nombreux cancers chez les ouvriers de la banane, un bon nombre en sont morts. C’est ça la justice coloniale ! Toujours dévouée aux intérêts des gros capitalistes.