Débutée le 17 mars 2026, la grève paralyse toujours le fonctionnement de l’entreprise spécialisée dans le transport de passagers.
Face aux travailleurs toujours déterminés, un patron qui continue de se laver les mains et des politiques qui n’assument pas leurs responsabilités et misent sur la lassitude des grévistes. En dépit de la décision de justice leur enjoignant de sortir des piquets de grève, les grévistes sont toujours présents et interviennent aux côtés des chauffeurs des autres lignes. Lundi 4 mai, ils ont mené une action de blocage en direction d’un dépôt de cars scolaires appartenant à leur patron, Hugues Pharès, à Pelletier Lamentin.
En mai 2025, un protocole d’accord de fin de conflit et de reprise de travail a été signé entre les salariés grévistes, le gérant de Transaglo et Martinique Transport, autorité unique organisatrice et donneur d’ordre, représentée par son président. Deux points avaient été actés : la mise en place d’un 13ème mois se substituant à une prime exceptionnelle à compter du 1er septembre 2025 et l’harmonisation des rémunérations dans la Zone Cacem à partir de la même date dans le cadre d’une délégation de service public (DSP). Si la prime de 13ème mois est bien entrée en application, cela n’a pas été le cas de l’harmonisation des salaires, faute de conclusion d’une DSP selon les responsables de Martinique Transport. Restés sans information sur la mise en place de la DSP, les salariés ont formulé leurs revendications salariales en réclamant un rattrapage sur les salaires de 300 euros, ramenés à 150 euros pendant la négociation.
Martinique Transport pour sa part, s’immisçant ainsi dans la négociation, a carrément demandé par écrit à la direction de Transaglo d’exclure les salaires de la discussion.
Aujourd’hui Martinique Transport et la CTM demandent aux grévistes d’attendre la mise en place de la DSP pour mettre en place une harmonisation des rémunérations étalée sur… six ans.
Quand il s’agit de voler au secours des capitalistes qui interpellent les politiques pour bénéficier de subventions, en plus des millions d’aides publiques qu’ils reçoivent, tout est mis en œuvre pour les satisfaire. Mais dès qu’il s’agit des travailleurs, on leur parle de situation financière compliquée, de patience, de décalage dans le temps.
Alors que les prix augmentent de manière régulière, les salaires, les pensions de retraite, les minima sociaux sont bloqués. Les grévistes de Transaglo ont donc raison de se battre et d’exiger un rattrapage sur leur salaire. Ils refusent d’être les dindons de la farce et exigent le respect d’un accord qui profitera à des centaines d’autres salariés au-delà de ceux de Transaglo.