CO N°1373 (20 juin 2026) – La coupe du monde de l’exclusion

« Le Mondial de la honte », « la pire des coupes du monde », les titres n’ont pas manqué pour dénoncer les conditions dans lesquelles se déroule la coupe du monde de football 2026.

Cette compétition se déroule dans trois pays, les États-Unis, le Mexique et le Canada. Mais les principaux matchs auront lieu aux États-Unis. Le pays de Donald Trump a fait très fort en usant de toutes ses lois pour exclure le maximum de personnes venant de pays étrangers qui n’ont pas l’heur de plaire aux Américains.

Ainsi Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien classé comme meilleur arbitre africain, a été bloqué à sa descente d’avion, et après un long interrogatoire, a été renvoyé dans son pays. Il disposait pourtant de toutes les habilitations nécessaires. Il en a été de même d’un photographe de la délégation irakienne. Le meilleur joueur irakien a lui été admis après 7 heures d’interrogatoire ! L’équipe du Sénégal et celle de l’Ouzbékistan ont fait l’objet d’une fouille approfondie.

Un certain nombre de journalistes, en fonction de leur pays d’origine, voient leurs possibilités de déplacement limitées. Enfin un certain nombre de supporters, la plupart venant de pays d’Afrique, ont été refoulés bien que disposant de visas et de réservations confirmées.

Le Mondial qui est censé être une fête de la fraternité et de l’échange entre les peuples, se révèle être crûment une fête basée sur la recherche du profit et réservée à une élite, blanche de préférence.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, loin de défendre les joueurs et l’arbitre pourtant sélectionné par sa fédération, s’est aplati comme une carpette devant les décisions des autorités américaines. Rien d’étonnant, car en 2025 il avait remis à Trump un « prix de la paix », inventé de toutes pièces, pour consoler Trump de n’avoir pas reçu le Prix Nobel.

Quelque temps après, Trump kidnappait le président Maduro du Venezuela, et s’engageait ensuite aux côtés d’Israël dans une guerre contre l’Iran.

Lors du Mondial 2018 en Russie, ou celui de 2022 au Qatar, les critiques souvent justifiées pleuvaient de la part des commentateurs. Cette fois, malgré les atteintes criantes aux droits de l’Homme pratiquées aux USA, on n’a guère entendu d’appels au boycott, ni de protestations de la part des gouvernements « démocratiques ». Mais depuis la réélection de Trump, avaler des couleuvres semble être le sport préféré de ces dirigeants. Peut-être devrait-on organiser un championnat du monde de la spécialité ?