Face à la dégradation du transport public de passagers en Martinique, le président de la CTM a convoqué le vendredi 10 juillet dernier une réunion exceptionnelle. Il y avait les trois communautés d’agglomération : CACEM, Cap Nord, Espace Sud et Martinique Transport. Objectif : acter la faillite du système et envisager une autre organisation.
La grève des salariés de la société Transaglo qui a débuté le 17 mars 2026 et qui est toujours en cours, a permis de révéler à tout le pays la véritable situation du transport public. Martinique Transport, avec 45 millions d’euros de factures impayées est en cessation de paiement. Quant à la CTM, dont le président du Conseil exécutif est le véritable patron de Martinique Transport, sa situation financière n’est pas plus reluisante avec des impayés se situant autour de 270 millions d’euros.
Sous prétexte d’utiliser au mieux les deniers publics, les élus et les gestionnaires publics ont eu recours à l’appel d’offres par la mise en concurrence et ont adhéré aux conditions draconiennes des capitalistes du secteur. Les résultats sont aujourd’hui là : l’effondrement de cette organisation à cause de l’incurie de ceux qui ont en charge sa gestion. Ceux qui ont opté pour ce modèle d’organisation du transport public de passagers et aussi ceux qui veulent continuer à le défendre n’ont que faire de la situation des centaines de salariés et des dizaines de milliers d’usagers qui font les frais de ces choix.
Aujourd’hui, avec les élus des communautés d’agglomération, le président de la collectivité et Martinique Transport aux abois annoncent qu’ils veulent revoir à la baisse les dépenses générées par le transport public et chercher de nouvelles recettes… Mais ils sont moins bavards sur la contribution des entreprises qui n’est que de 2% quant au versement-mobilité dû par les entreprises, alors que dans les départements de la région parisienne, par exemple, cette contribution est au taux de 3,2%… Pourtant, aux dires des experts financiers, l’application d’un taux de cette valeur rapporterait au bas mot 100 millions d’euros à la Collectivité.
Un tel silence malgré la crise est-il la conséquence de l’opposition ouverte du patronat, à toute hausse de cette contribution ?
En tout cas, usagers et salariés des différentes entreprises du secteur transport ont intérêt à être prêts à se faire entendre s’ils ne veulent pas que de nouveaux arrangements soient concoctés à leur détriment.