Le 17 juin, les élus de Guadeloupe ont adopté quatre résolutions pour aller vers une « collectivité unique » avec plus de pouvoirs.
Ces résolutions prévoient : la fusion de la Région et du Département, l’élargissement des compétences locales avec un droit d’adaptation des lois, la création d’un pouvoir fiscal propre, et l’adoption de symboles identitaires comme un drapeau. Ces résolutions doivent encore être votées par le Département et la Région avant d’être transmises au chef de l’État.
Sur le papier, cela ressemble à un grand bouleversement. Mais c’est surtout un changement de façade. L’exploitation au travail, les salaires trop bas, les contrats précaires, le chômage de masse, rien de tout cela ne sera réglé par ces réformes. Car ce ne sont pas les institutions qui décident de ce fonctionnement, mais le système capitaliste dans lequel elles s’inscrivent.
Bien que présenté comme consensuel, ce projet montre les conflits d’intérêts entre notables, loin des préoccupations des travailleurs. Le président du Conseil régional, Ary Chalus, a quitté la salle avant le vote des résolutions, marquant son désaccord avec le président du Département, Guy Losbar.
Les élus disent vouloir « adapter les lois à la réalité locale ». Mais dans les faits, cela reviendra à reproduire les mêmes recettes : coupes dans les services publics, cadeaux fiscaux à la bourgeoisie locale.
Créer une nouvelle Assemblée de 60 membres, donner un « droit d’adaptation », instaurer une TVA locale ou simplifier l’octroi de mer (taxe sur les produits importés), tout cela ne servira qu’à mieux faire fonctionner un système qui profite à une minorité : grands propriétaires, patrons de groupes locaux, et autres élus qui distribuent des faveurs.
Beaucoup de travailleurs peuvent espérer un mieux dans cette réforme. Et ce n’est pas étonnant, tout pousse à vouloir du changement : les services publics en ruine, les coupures d’eau à répétition, les urgences saturées, les jeunes condamnés à partir ou à chômer. Mais ce changement-là est une illusion : c’est toujours les mêmes qui décident et les travailleurs qui en paient le prix.
Rien ne changera fondamentalement pour les classes populaires tant que les intérêts des riches guideront la politique. Les vrais changements ne se gagnent pas dans les urnes, ni dans des congrès d’élus, mais dans les luttes, les grèves, les mobilisations.