CO N°1371 (9 mai 2026) – Éditorial – La vie toujours plus chère et les capitalistes qui s’engraissent

La vie chère est brutale aux Antilles. En Martinique comme en Guadeloupe, les prix du carburant atteignent des niveaux insoutenables, respectivement 2,06 euros et 2,11 euros le litre de gasoil, rendant chaque déplacement plus coûteux.

Dans des territoires où la voiture est souvent indispensable, c’est un obstacle dans la vie des travailleurs.

À cela s’ajoute l’explosion des prix du transport. Se rendre en Hexagone coûte fréquemment autour de 1000 euros un aller-retour, même en périodes creuses. Voyager entre la Martinique et la Guadeloupe est un luxe. L’augmentation des tarifs maritimes accentue l’isolement de territoires comme Marie-Galante. La vie chère accentuée par l’inflation s’étend bien sûr à l’alimentation, aux packs d’eau, aux produits de première nécessité.

Dans un contexte où le chômage est élevé et où de nombreux travailleurs ont des emplois précaires, cette hausse généralisée devient intenable. Même ceux qui travaillent peinent à vivre dignement.

Cette situation ne se limite pas aux Antilles. À l’échelle mondiale, l’inflation frappe et aggrave les inégalités. Oxfam a intitulé l’un de ses derniers rapports sur la pauvreté mondiale « Résister au règne des plus riches ». Et pour cause : dans ce contexte les riches prospèrent !

Les grandes entreprises de l’énergie enregistrent des profits colossaux. TotalEnergies affiche 5,8 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre, soit 51 % de plus en un an, avec la flambée des prix du pétrole et la spéculation liées à la guerre en Iran. Le groupe américain BP engrange 3,2 milliards de dollars, soit plus du double de l’année précédente.

D’autres secteurs suivent : grande distribution, transport. Aux Antilles les prix sont très élevés et les marges sont maintenues ou augmentées avec l’inflation.

Les multinationales transforment la crise du capitalisme et les guerres qu’elle engendre en jackpot financier.

Les riches se gavent. En un an la fortune des plus riches a bondi trois fois plus vite que la moyenne des cinq années précédentes. Elle avait atteint 18 300 milliards de dollars fin 2025, son plus haut niveau historique.

L’argent public est massivement employé pour les dépenses militaires et les commandes liées à l’armement au lieu d’être investi dans des services utiles et nécessaires pour la population. Par exemple la société Thales, groupe spécialisé entre autres dans la défense aérienne a vu son carnet de commandes exploser de 71 % en 2026, plus de 2,2 milliards d’euros.

En ce moment le coût des dépenses militaires françaises liées aux guerres dans le monde est estimé à 1 milliard par mois !

Les travailleurs ne doivent pas se sentir coupables d’exiger des augmentations de salaire. C’est une nécessité de plus en plus criante ! Les salariés de Transaglo, le transport en bus en Martinique, l’ont compris, ils mènent une grève depuis plus d’un mois pour des augmentations de salaire. C’est cet exemple qu’il faudra suivre si l’on veut voir le sort des travailleurs changer. C’est un rapport de force entre la classe travailleuse et le patronat.

Pour l’instant ce sont les grands patrons qui mènent la barque, mais la tendance peut s’inverser. Ce fut le cas à de nombreuses occasions dans le mouvement ouvrier et ça va le redevenir. Le mois de mai par exemple est jonché de symboles et de dates commémoratives des luttes acharnées des exploités : mai 1802 en Guadeloupe, mai 1848 en Martinique et en Guadeloupe, mai 1967 à Pointe-à-Pitre, mai 1968 en France !

Ce sont les grèves générales et les grèves offensives qui font peur aux capitalistes. Le système capitaliste sombre systématiquement dans les crises qu’il engendre lui-même et qu’il fait payer à la population. Il est incapable de créer une société harmonieuse car il est basé sur l’exploitation des travailleurs. Il est temps de le combattre et de le renverser.