CO N°1372 (6 juin 2026) – Guadeloupe – Congrès de l’eau ou congrès à l’eau ?

Guy Losbar, président du Conseil départemental, a annoncé l’organisation d’un « Congrès de l’eau » le 24 juin. 

Une énième réunion des élus va se tenir sur le problème de l’eau. Voilà des années que cela dure, et on a l’impression que tout va de mal en pis, pour ne pas dire… à vau-l’eau. Le problème est pourtant simple en apparence : il y a de l’eau en Guadeloupe, et en abondance. Mais 60% de l’eau traitée partent dans la nature, à cause des fuites. Tout cela parce que l’État et les élus ont laissé la Générale des Eaux partir tranquillement alors qu’elle ne s’est pas occupée du maintien du réseau. Elle a même fait du chantage par deux fois en fin d’année, pour obtenir plusieurs millions d’euros de la part des collectivités, et elle s’en est allée exploiter d’autres contrées.

On évalue la somme nécessaire à la réfection totale et rapide du réseau à 2 milliards d’euros. L’État français dispose largement de cette somme, puisqu’il veut augmenter les dépenses militaires de plusieurs milliards, et aucun élu ne s’y oppose vraiment.

En attendant, on fait de petites réparations avec des sommes avancées par l’État ou les collectivités, mais qui sont notoirement insuffisantes. Au rythme où sont faites ces réparations, il faudrait plus d’un siècle pour en finir. En 2023 et 2024, il y a eu néanmoins un certain nombre d’interventions sur les fuites, qui avaient amélioré la situation dans certains quartiers, en Grande-Terre notamment. Mais la situation s’est à nouveau dégradée en 2025 et cette année. Tout cela, parce que la direction du SMGEAG (syndicat de gestion de l’eau) a eu pour obsession la diminution du personnel. Or les équipes d’intervention étaient constituées d’agents du SMGEAG, d’intérimaires et d’entreprises extérieures. Mais Ferdy Louisy a d’abord supprimé les intérimaires, puis les entreprises extérieures. Tout cela alors que ces travaux devaient se faire sur financement de l’État et de l’Office de l’Eau.

Les élus proposent la mise en place d’une régie de l’eau, mais ajouter une structure ne garantit en rien une amélioration sur le terrain. Une demi bonne nouvelle : Louisy ne va pas se représenter à la présidence.

Souhaitons que les élus trouvent une solution rapide.

Mais une seule chose peut changer rapidement la situation : c’est la mobilisation rapide, forte puissante de la population. Dans ce cas et en faisant peur aux élus et à l’État comme en 2009, le problème sera réglé dans les 6 mois.