CO N°1372 (6 juin 2026) – Martinique – Madivial : une affaire douteuse !

Pour la troisième fois, le procès de la coopérative Madivial, suite à un détournement supposé de fonds européens, estimé à plus de 7 millions d’euros, a été renvoyé. Pour défaut de communication de pièces et pour éviter tout vice de procédure, selon la présidente de la juridiction… Il est désormais prévu à partir du 28 octobre 2026. Voilà un imbroglio qui traduit bien les dessous douteux de cette affaire. 

L’affaire judiciaire qui concerne la coopérative agricole Madivial, a commencé en 2018. Ceci, bien que les faits de fraudes aux fonds européens, remontent à 2015.

À l’origine du scandale, ce sont des alertes internes à la coopérative qui ont révélé, que de fausses déclarations avaient été faites à l’ODEADOM (Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer), dans le but d’obtenir des subventions d’exploitation du FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural).

Dans le système d’escroquerie mis en place, il s’agissait de gonfler artificiellement les chiffres de production de la coopérative pour capter un maximum d’aides publiques.

Il existe un second volet à l’affaire Madivial, qui concerne la construction illégale du silo à grains de Ducos, affaire dans laquelle trempent plusieurs membres de la famille Hayot.

Dans ce volet d’urbanisme commercial et agricole, la Cour d’appel de Fort-de-France a condamné les entreprises impliquées, et notamment la SARL Locamat propriété de Vladimir Hayot mais également la SCI Thiefam, dont le propriétaire du terrain n’est autre que Thierry Hayot.

L’affaire du silo à grains, met en lumière d’autres intentions : celles de vouloir faire main basse sur les fonds européens du POSÉI (Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité) dédiés à l’importation de la nourriture animale qui profite surtout aux gros propriétaires). Et c’est via le Régime Spécifique d’Approvisionnement (RSA), mécanisme qui sert à compenser les surcoûts d’importation dus à l’insularité.

En attendant le procès, cette « cavalerie » financière, de « gens comme il faut », vient nous rappeler, que pour les capitalistes, la recherche de profits se niche partout et ne s’habille point de vertu.