Sur l’exploitation agricole la Concorde, située à Sainte-Marie, c’est la discorde. Et à l’origine, la décision d’Alexis Gouyé, le patron de l’exploitation, de licencier plusieurs ouvriers costariciens.
Le motif évoqué est la faute grave commise. Selon l’employeur, ces ouvriers, auraient « refusé de travailler » ou encore ils auraient eu « de mauvais comportements ».
En fait, ce que cache cette procédure, c’est tout simplement, la nature des réclamations portées à la connaissance de l’employeur. Et en regardant de plus près, ça fait tache dans le paysage de ces personnes qui prétendent respecter les lois du travail.
Probablement pour l’employeur, ces ouvriers venus de loin, devraient être des travailleurs dociles et malléables. Il s’est vite rendu compte que ce n’était pas le cas. Car ces derniers, avisés certainement, ont vite fait valoir leurs intérêts sans se laisser intimider.
Des conditions de travail inacceptables
C’est ainsi qu’ils ont fait savoir à l’employeur que certains d’entre eux étaient malades et qu’ils souhaitaient avoir accès aux soins. Garanties qu’ils n’ont toujours pas reçues, après deux mois et demi de travail. Ils lui faisaient savoir également qu’un d’entre eux, a signalé des douleurs et réclamé des soins médicaux, sans qu’aucune assistance ne lui ait été portée. Ceci alors même que ces situations relèvent d’une déclaration d’accident de travail.
Ils faisaient également remarquer que sur leurs fiches de paie, les heures supplémentaires n’étaient pas payées, alors qu’ils en ont effectuées. De surcroît, les fiches de paie indiquent qu’ils remboursent l’achat des bottes de travail qui leur ont été délivrées. Ceci, alors que selon les lois du travail, l’employeur a l’obligation de fournir les équipements nécessaires à la sécurité et à la santé de ses salariés. De même ils ont constaté que sur leurs fiches de paie, des prélèvements étaient effectués par l’employeur pour le remboursement des frais d’hébergement et de denrées alimentaires, alors que cette pratique est interdite par l’article L3251-1 du Code du travail.
Par ailleurs l’un d’entre eux a demandé à bénéficier de l’assistance d’un délégué du syndicat, pour que lui soient dits ses droits, et pour toute réponse, le même jour, il a été renvoyé de l’entreprise.
Pour ces ouvriers costariciens, sous contrat jusqu’en juin 2027, c’est l’incompréhension. Les accuser d’avoir quitté leur poste de travail sans autorisation, c’est une pure invention de l’entreprise, sans doute pour se débarrasser d’eux facilement et du même coup se dispenser de leur appliquer leurs droits.
Bravo pour des salariés qui ne baissent pas la tête
En clair, cette situation traduit simplement la volonté de se débarrasser de ces ouvriers devenus gênants parce qu’ils ne se laissent pas faire. Le patron ne veut pas être confronté à leurs réclamations durant une année de contrat.
C’est précisément ce que ne tolèrent pas les employeurs. Et pour Gouyé, comme pour d’autres, un salarié qui se défend devient un problème à éliminer. Ces ouvriers ont eu le courage de protester contre le comportement colonial de leur patron béké. Ils ont dévoilé des pratiques qui restaient sous silence. Leur attitude ne peut que forcer la solidarité et le respect des ouvriers agricoles de leur plantation et au-delà !