CO N°1370 (25 avril 2026) – Histoire du Premier mai

Le gouvernement français fait pour une fois parler du 1er mai, et c’est pour l’attaquer. Autant profiter de cette visibilité pour rappeler l’origine de la Journée internationale de lutte des travailleurs.

La décision de faire du 1er mai la première manifestation internationale des travailleurs remonte au Congrès international ouvrier socialiste de Paris, en juillet 1889, qui réunit syndicats et partis ouvriers de l’époque.

La date du 1er mai est choisie en référence au mouvement ouvrier américain. Le 1er mai 1886 marque le début d’une grève massive aux États-Unis pour obtenir la journée de huit heures. Des centaines de milliers de travailleurs cessent le travail. La mobilisation est violemment réprimée à Chicago, le 3 mai, où la police tire sur des grévistes et fait plusieurs morts. Le 4 mai, lors d’un nouveau rassemblement sur la place de Haymarket à Chicago, une bombe explose et tue des policiers. C’est une provocation. Aucun travailleur n’avait mis de bombe. C’était l’œuvre de la police. La répression s’intensifie : des leaders du mouvement ouvrier sont jugés et quatre d’entre eux sont pendus en 1887.

Dès le 1er mai 1890, des centaines de milliers de travailleurs manifestent dans plusieurs pays. En France, le 1er mai 1891, à Fourmies, l’armée tire sur la foule, fait dix morts, dont plusieurs très jeunes ouvriers.

Par la suite, cette journée est progressivement transformée en « Fête du Travail », notamment en France sous le régime de Vichy en 1941, avec l’objectif pour la bourgeoisie de gommer sa portée auprès du mouvement ouvrier.

Aujourd’hui, le 1er mai doit conserver plus que jamais cette dimension de lutte, c’est-à-dire sa dimension internationale ! Dans de nombreux pays, les manifestations font l’objet de restrictions ou de répression. En France aussi, cette journée est sournoisement contestée par le pouvoir. Alors « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! ».