CO N°1373 (20 juin 2026) – Haïti – La police au service des possédants

Durant la deuxième semaine de juin il y a eu une recrudescence de kidnappings dans les quartiers de Port-Au-Prince, augmentant l’inquiétude des habitants de la région métropolitaine.

Le plus commenté par la presse a été celui d’un inspecteur général de la police, proche du premier ministre, le jeudi 11 juin 2026. Il a été kidnappé par des hommes vêtus d’uniforme de la police, embarqué dans deux véhicules à gyrophare et amené dans le fief du chef de Gang « Izo » à Village-de-Dieu.

La date de cet enlèvement est une provocation, un pied de nez au gouvernement qui chaque année célèbre l’anniversaire de la création de la Police nationale d’Haïti (PNH).

C’est le 12 juin 1995 sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide que la PNH a remplacé les Forces armées d’Haïti dissoutes en 1994. Son rôle était défini pour « protéger les vies et les biens, mener des enquêtes judiciaires, et contrôler les armes à feu ».

Ce vendredi 12 juin 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rendu hommage à tous les policiers qui « consacrent leur vie à la protection des citoyens et à la défense de la Nation ».

La nation qu’ils défendent, c’est le pouvoir des institutions de la bourgeoisie, c’est de prévenir et réprimer les révoltes de la classe ouvrière. La police se cantonne à ce rôle-là, les bandits armés c’est une autre affaire.

Pour la classe ouvrière, et la population pauvre, la lutte contre les gangs armés passe par la création de ses forces de protection indépendantes de la bourgeoisie. Des brigades armées dirigées par les travailleurs pour défendre leurs intérêts propres.