La sélection haïtienne à la coupe du monde de football vient de subir une énième déconvenue avec la Fifa (Fédération internationale de football association) : l’organisateur de la Coupe refuse que l’équipe porte un maillot faisant référence à la bataille de Vertières de novembre 1803 qui a vu la victoire de l’armée révolutionnaire d’Haïti contre les troupes françaises envoyées par Napoléon pour rétablir l’esclavage.
Cette grande bataille avait abouti à l’indépendance du pays, la première nation d’anciens esclaves à conquérir sa liberté.
La Fifa a exigé le retrait du symbole car elle estime que c’est un message politique qui contrevient aux règles de neutralité.
Quelle neutralité ? Cette compétition n’a rien de neutre !
Le capitalisme a fait du sport, et du football en particulier, une affaire de gros sous. Les clubs, les sponsors, les équipementiers, les chaînes de télévision, les publicitaires, les hôteliers brassent des milliards. Cette coupe du monde 2026, promet d’être la plus rentable de tous les temps pour les capitalistes.
Il y a quelques années, Trump avait traité Haïti de « pays de merde » et avait accusé les immigrés haïtiens de manger les chats et les chiens des habitants de Springfield. Ce mépris traduit une réalité : Haïti est une réserve d’esclaves modernes de l’impérialisme pour les profits de capitalistes suceurs de sang.
Le pays fait partie de l’arrière-cour américaine. Les usines textiles de Port-au-Prince sous-traitent la fabrication de balles de baseball, de maillots de sports pour de grandes entreprises américaines. Des travailleurs haïtiens fabriquent des maillots qu’ils n’auront jamais les moyens de s’acheter avec leur salaire de misère d’environ trois dollars par jour. Qui sait si des maillots du mondial n’ont pas été cousus dans les usines du parc Sonapi alors qu’il est interdit aux joueurs haïtiens de porter leur maillot ?
L’impérialisme américain a occupé militairement Haïti de 1915 à 1934. Ses marines ont volé l’or contenu dans les coffres de la banque nationale d’Haïti sans jamais le rendre. La France l’avait fait d’une autre manière. L’impérialisme fait et défait des présidents et a soutenu les pires régimes comme celui des Duvalier père et fils et leur gang de Tontons Macoute.
Aujourd’hui, l’impérialisme américain pactise de fait avec les gangs. Depuis le début de l’année, au moins 2 300 personnes ont été tuées par la violence des gangs. Ils kidnappent, violent et tuent.
La mainmise des gangs n’est que l’aboutissement actuel des différentes dictatures maintenues à bout de bras par l’impérialisme, français et américain, afin de continuer le pillage de l’île. Les gangs leur permettent de semer la terreur et de tenir en respect des millions de travailleurs et de pauvres.
La population haïtienne ne peut compter que sur elle-même pour sortir de cette barbarie. Elle descend des révolutionnaires de 1791, de 1802, de 1803. Le slogan de la bataille de Vertières : « Grenadiers, à l’assaut : Sak mouri zafè yo ! » (Traduction : On se bat jusqu’à la mort !).
C’est de cette conscience révolutionnaire dont ont besoin les opprimés en Haïti. Celle qui a fait vaciller et a vaincu la puissance coloniale française, et qui a fait des émules partout dans la Caraïbe sous esclavage. Cette conscience révolutionnaire et l’organisation des masses d’opprimés contre un système barbare a pu vaincre en Haïti en 1803. C’est de cette manière que demain la révolution des travailleurs entraînera les travailleurs d’Haïti mais aussi ceux de toute la Caraïbe, de la Martinique, de la Guadeloupe, jusqu’aux États-Unis, pour enfin se débarrasser de la barbarie capitaliste.