Le 24 juin 2026, les élus du Conseil départemental, du Conseil régional, les élus municipaux et communautaires et les députés étaient réunis en congrès avec comme unique sujet la question de l’eau en Guadeloupe.
Le scandale du manque d’eau au robinet pourrit la vie de la population depuis bien trop longtemps et la situation s’aggrave. De plus en plus de zones, épargnées jusque-là par les coupures d’eau, sont désormais touchées. Même quand il y a de l’eau, elle est souvent impropre à la consommation à cause de doses trop élevées d’aluminium, de pesticides ou encore la présence de matières fécales.
De plus, le problème de l’eau concerne également l’assainissement. Les stations d’épuration sont tellement abîmées que les eaux usées, souillées par les matières fécales, sont rejetées dans la nature sans traitement et menacent la santé des êtres humains et l’environnement. Et sur l’assainissement ce congrès est resté muet.
La Chambre régionale des comptes avait déjà annoncé qu’à ce rythme, nous n’aurons pas d’eau au robinet avant 200 ans ! L’état des lieux présenté par les ingénieurs et techniciens de l’eau à ce congrès a confirmé la gravité de la situation.
Les allures grandioses et officielles de ce congrès pourraient soulever de l’espoir. Mais ce ne sont pas les huit résolutions votées qui feront apparaître les plus de trois milliards d’euros nécessaires à la réfection complète du réseau d’adduction d’eau et des stations d’épuration.
La première résolution évoque l’adoption d’un plan d’urgence sur quatre ans pour colmater les fuites et refaire le réseau. La troisième demande à l’État de « prendre ses responsabilités ».
Mais qui va contraindre l’État à « prendre ses responsabilités », c’est-à-dire à débloquer immédiatement les milliards qu’il faut ?
Seule une mobilisation massive de la population pourra l’exiger. Le rapport de force est le seul langage que comprennent les dirigeants locaux et l’État.