CO N°1366 (28 février 2026) – Haïti – Les politiciens à la manœuvre

Le 23 février 2026, des organisations politiques, économiques, sociales ainsi que des groupes de la société civile se sont réunis autour du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour la signature du « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ».

Deux semaines après son installation par les Américains au poste de premier ministre président, il a déclaré « qu’il s’agit d’une trêve entre adversaires politiques » pour « garantir la continuité de l’État et conduire le pays vers des élections inclusives et transparentes ». Dans un contexte où la bataille parmi les politiciens redouble de vigueur, ils se donnent un « code » pour réguler leurs activités et se positionner au plus près des caisses de l’État pour mieux les piller.

La population est, elle, toujours sous la coupe des bandits. Une tentative d’enlèvement a été stoppée par la police lundi 23 février. Deux suspects ont été abattus, ainsi qu’un policier et plusieurs passants ont été blessés lors des tirs croisés.

Pendant ce temps, la situation des travailleurs et des masses pauvres continue de se dégrader. Les habitants survivent sans eau et sans électricité. Quand le réseau est mis sous tension il se produit des drames dus à la vétusté du matériel. Ainsi le 19 février en pleine journée, sur un marché au nord de la capitale, un câble à haute tension s’est rompu avant de s’abattre au sol. Plusieurs personnes ont été électrocutées sur le coup, au moins cinq personnes ont perdu la vie.

Les habitants des quartiers qui avaient fui devant les exactions des bandits sont toujours dans des camps de réfugiés. Là ils sont exposés à des maladies de tous types au milieu des ordures et immondices et une eau non potable.

Dans l’histoire de la lutte des travailleurs et des pauvres, rien ne leur a été offert, les améliorations ont été arrachées par les combats. Ce chemin de l’organisation pour la lutte est retrouvé par des petits groupes de la population qui organisent des patrouilles, par des militants.

Pour sortir de la dictature des gangs, pour avoir une amélioration de la vie dans les quartiers, la population laborieuse, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces.